{"id":331,"date":"2011-05-26T09:45:51","date_gmt":"2011-05-26T09:45:51","guid":{"rendered":"\/?p=331"},"modified":"2014-12-08T14:03:06","modified_gmt":"2014-12-08T14:03:06","slug":"le-carre-turco-kurde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.acort.org\/?p=331","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Le carr\u00e9 turco-kurde&nbsp;&raquo;"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left;\"><strong>Le carr\u00e9 turco-kurde.\u00a0<\/strong><strong>Ouverture. Longtemps repli\u00e9es, les deux communaut\u00e9s go\u00fbtent \u00e0 la vie de quartier. Paris 10e<br \/>\n<\/strong><strong>Le Point &#8211; \u00a0le 26\/05\/2011 \u00a0<\/strong><strong>Par CHRISTINE RIGOLLET<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><!--more--><\/p>\n<p>Le 30 avril, la rue de Metz r\u00e9sonnait des musiques et des danses de \u00ab\u00a0La p&rsquo;tite Istanbul en f\u00eate&nbsp;&raquo;. Une des manifestations qu&rsquo;organise, autour de Strasbourg-Saint-Denis, la communaut\u00e9 originaire de Turquie. Forte de 70 000 membres en Ile-de-France, c&rsquo;est dans le 10e arrondissement qu&rsquo;elle tient ses restaurants, que sont implant\u00e9es ses associations, qu&rsquo;elle milite ou fait la f\u00eate. Car c&rsquo;est l\u00e0 que, dans les ann\u00e9es 60, elle s&rsquo;\u00e9tait install\u00e9e pour travailler dans les ateliers du Sentier. En 1980, l&rsquo;instauration de la dictature a entra\u00een\u00e9 une immigration plus politique.<\/p>\n<p>Les Kurdes, eux, sont \u00e0 80 % des r\u00e9fugi\u00e9s victimes de la guerre entre le gouvernement turc et le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan). \u00ab\u00a0Des hommes et des femmes tr\u00e8s politis\u00e9s qui affichent le portrait de leur leader emprisonn\u00e9, Abdullah Ocalan, dans les vitrines des librairies du quartier et c\u00e9l\u00e8brent leurs \u00ab\u00a0martyrs&nbsp;&raquo; morts \u00e0 la gu\u00e9rilla&nbsp;&raquo;, raconte Sandrine Alexie, biblioth\u00e9caire \u00e0 l&rsquo;Institut kurde de Paris.<\/p>\n<p>A bien des \u00e9gards, le mode de vie des deux peuples est identique. Ils sont majoritairement musulmans, parfois al\u00e9vis, mais aussi chr\u00e9tiens. D&rsquo;abord employ\u00e9s dans la confection, les immigr\u00e9s de Turquie occupent aujourd&rsquo;hui des emplois dans le b\u00e2timent et la restauration. La famille de Selin, 21 ans, est arriv\u00e9e en France en 1984, \u00e0 la suite du coup d&rsquo;Etat. Son p\u00e8re, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 depuis, leader de la gauche, avait obtenu le statut de r\u00e9fugi\u00e9 politique. Apr\u00e8s avoir tenu un caf\u00e9, sa m\u00e8re a ouvert un restaurant rue du Faubourg-Saint-Denis o\u00f9 elle sert des lahmacun (pizzas fines \u00e0 la viande hach\u00e9e) et des d\u00fcr\u00fcm(sandwichs) au poulet ou \u00e0 l&rsquo;agneau. Son fr\u00e8re et elle ont la double nationalit\u00e9. Chez eux, ils parlent turc, boivent rituellement le soir un th\u00e9 rouge, et ne manquent pour rien au monde, sur la cha\u00eene Kanal D, \u00ab\u00a0les m\u00eames s\u00e9ries que regarde ma grand-m\u00e8re rest\u00e9e au pays \u00ab\u00a0.<\/p>\n<p>Mariages o\u00f9 l&rsquo;on danse le halay et vie associative intense rythment les loisirs de cette communaut\u00e9. Boulevard de Magenta, l&rsquo;Acort (Assembl\u00e9e citoyenne des originaires de Turquie), n\u00e9e en 1980 de la lutte des sans-papiers, propose animation th\u00e9\u00e2trale, groupes de femmes, conf\u00e9rences et cours de fran\u00e7ais pour favoriser l&rsquo;int\u00e9gration. M\u00eame si, constate et d\u00e9plore Umit Metin, coordinateur de l&rsquo;Acort, \u00ab\u00a0le refus d&rsquo;admettre la Turquie dans l&rsquo;Union europ\u00e9enne a provoqu\u00e9 un repli identitaire parmi les jeunes \u00ab\u00a0. L&rsquo;association s&#8217;emploie aussi \u00e0 lutter contre le sexisme et l&rsquo;archa\u00efsme de certains comportements.&nbsp;&raquo;Trop de jeunes issus de l&rsquo;immigration turque continuent \u00e0 faire l&rsquo;objet de mariages arrang\u00e9s au pays \u00ab\u00a0, d\u00e9plore Umit Metin.<\/p>\n<p>Solidarit\u00e9. Les Kurdes forment une soci\u00e9t\u00e9 tr\u00e8s communautaire. Mehmet Ulker est le pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration des associations kurdes de France.&nbsp;&raquo;Ils viennent rue d&rsquo;Enghien, au centre Ahmet-Kaya, regarder ensemble la t\u00e9l\u00e9vision, \u00e9changer des nouvelles du pays, participer \u00e0 une journ\u00e9e de solidarit\u00e9 avec les prisonniers politiques. Ou apprendre des danses folkloriques. &nbsp;&raquo; Pour un concert de Sivan Perwer, un de leurs chanteurs les plus populaires, les Kurdes du 10e peuvent se rendre, par car, dans n&rsquo;importe quel pays d&rsquo;Europe. \u00ab\u00a0Mais notre f\u00eate la plus importante, souligne Mehmet Ulker, c&rsquo;est Newroz, le Nouvel An et le symbole de la victoire de la libert\u00e9 sur la tyrannie. &nbsp;&raquo; Pour le c\u00e9l\u00e9brer, le 21 mars, \u00e0 la mairie et dans les rues du 10e, les Kurdes ont dans\u00e9 et allum\u00e9 des bougies.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, la troisi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration arrive \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte. Des jeunes qui, \u00e0 l&rsquo;image de Selin, fr\u00e9quentent autant d&rsquo;amis fran\u00e7ais que turcs, poursuivent des \u00e9tudes de droit ou de m\u00e9decine et, comme s&rsquo;en f\u00e9licite Umit Metin, \u00ab\u00a0participent de plus en plus \u00e0 la vie du 10e arrondissement \u00ab\u00a0;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.lepoint.fr\/villes\/le-carre-turco-kurde-26-05-2011-1339471_27.php\" target=\"_blank\">http:\/\/www.lepoint.fr\/villes\/le-carre-turco-kurde-26-05-2011-1339471_27.php<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le carr\u00e9 turco-kurde.\u00a0Ouverture. Longtemps repli\u00e9es, les deux communaut\u00e9s go\u00fbtent \u00e0 la vie de quartier. 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