{"id":391,"date":"2007-10-20T12:30:54","date_gmt":"2007-10-20T12:30:54","guid":{"rendered":"\/?p=391"},"modified":"2014-12-08T14:01:32","modified_gmt":"2014-12-08T14:01:32","slug":"du-liant-dans-lassoc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.acort.org\/?p=391","title":{"rendered":"Du liant dans l&rsquo;assoc&rsquo;"},"content":{"rendered":"<p><strong>Du liant dans l&rsquo;assoc&rsquo;<\/strong><br \/>\n<strong> DIDIER ARNAUD ET CHARLOTTE ROTMAN<\/strong><br \/>\n<strong> Lib\u00e9ration du 20 OCTOBRE 2007<\/strong><!--more--><\/p>\n<p><strong>\u00abTu vois celui qui a un bocal sur la t\u00eate, aux Abbesses?\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Lundi 20h30. Arcane 18 (XVIIIe).<\/p>\n<p>On a connu plus glauque comme local associatif. Des lumi\u00e8res douces, une immense biblioth\u00e8que remplie de livres, des canap\u00e9s color\u00e9s. L&rsquo;ap\u00e9ro est servi. On a envie de s&rsquo;attarder. Une petite fille blonde vient dire bonsoir. On est chez Yann (\u00e9ducateur \u00e0 la Protection judiciaire de la jeunesse) et C\u00e9cile (g\u00e9rante d&rsquo;une PME), rue Feutrier, dans le XVIIIe, les fondateurs de l&rsquo;association Arcane 18 (une r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Artaud). L&rsquo;ordre du jour de la r\u00e9union, qui rassemble une dizaine de membres, est fix\u00e9, mais personne n&rsquo;est \u00e0 cheval sur le d\u00e9roul\u00e9. On papote, on lance des id\u00e9es et on voit comment elles retombent. Il y a un charme dans ce fourbi. Yann passe vite sur les questions de financement et pr\u00e9f\u00e8re parler des projets. L&rsquo;association n&rsquo;a que 6 mois. Elle se veut\u00a0<em>\u00absolidaire et festive\u00bb<\/em>. Elle rassemble des voisins, des parents qui se sont connus \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole, des potes. C\u00e9cile et Yann ont \u00e9t\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 enr\u00f4ler Franck, l&rsquo;ancien instituteur de leur fille, qu&rsquo;ils ont d\u00fb apprendre \u00e0 tutoyer. Leslie, qui habite la rue d&rsquo;\u00e0 c\u00f4t\u00e9, est venue, elle, car\u00a0<em>\u00abune amie qui connaissait quelqu&rsquo;un avait vu l&rsquo;info quelque part\u00bb<\/em>. Fin septembre, ils ont fait un repas de quartier. Au printemps, ils veulent \u00e0 nouveau occuper la rue.\u00a0<em>\u00abOn veut faire autre chose qu&rsquo;un \u00e9ni\u00e8me vide-grenier, un truc qui ait une coh\u00e9rence : on veut \u00eatre dans l&rsquo;espace public, s&rsquo;en servir.\u00bb<\/em>\u00a0Marie-Sophie propose de\u00a0<em>\u00abtenir la baraque \u00e0 frite\u00bb<\/em>, Leslie veut faire venir un jongleur qu&rsquo;elle conna\u00eet.\u00a0<em>\u00abTu vois celui qui a un bocal sur la t\u00eate aux Abbesses ?\u00bb<\/em>\u00a0demande Yann. Franck peut amener des musiciens. Il est 23 heures, personne n&rsquo;a envie de partir.<\/p>\n<p><strong>\u00abIls inventaient des poussettes pour sortir 8 enfants en m\u00eame temps\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Mercredi 11 h. Les petits lardons (Xe).<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;entr\u00e9e, quelques demandes griffonn\u00e9es sur un tableau:\u00a0<em>\u00abNous avons besoin de marrons pour une activit\u00e9\u00bb<\/em>\u00a0ou, plus imp\u00e9ratif :\u00a0<em>\u00abD\u00e9sol\u00e9e, mais le s\u00e8che-linge et la machine \u00e0 laver sont \u00e0 vider&#8230;\u00bb<\/em>\u00a0Au moins, on est pr\u00e9venus. Des feuilles de permanence sont affich\u00e9es, avec, heure par heure, les t\u00e2ches assign\u00e9es aux parents. Ici, ce sont eux qui font tourner la cr\u00e8che. Ce matin, Camille Constantine, 26 ans, la pr\u00e9sidente de l&rsquo;association, est\u00a0<em>\u00abde perm&rsquo;\u00bb<\/em>. C&rsquo;est le d\u00e9jeuner. Dans le petit r\u00e9fectoire baign\u00e9 de lumi\u00e8re, un grand panneau r\u00e9capitule le nom des enfants, leur \u00e2ge, leur poids&#8230; et le num\u00e9ro de portable des parents.\u00a0<em>\u00abOn est tous au courant de tout,<\/em>explique Camille,\u00a0<em>on peut s&rsquo;appeler le soir pour avoir des infos sur la journ\u00e9e.\u00bb<\/em>\u00a0Ici, on trouve des familles pour qui la cr\u00e8che associative est un projet, un choix. Et d&rsquo;autres qui n&rsquo;ont tout simplement pas trouv\u00e9 de place dans les structures municipales.\u00a0<em>\u00abIls n&rsquo;ont pas le m\u00eame investissement\u00bb<\/em>, regrette Camille. Sa propre m\u00e8re \u00e9tait adepte des premi\u00e8res cr\u00e8ches parentales. A l&rsquo;\u00e9poque, \u00e7a relevait davantage du kibboutz.\u00a0<em>\u00abC&rsquo;\u00e9tait une bande de copains, ils faisaient eux m\u00eame la bouffe, ils inventaient des poussettes pour sortir 8 enfants en m\u00eame temps.\u00bb<\/em>\u00a0Les petits lardons, ouverte en 1994, accueille 24 enfants chaque ann\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>\u00abLe canard sort demain\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Jeudi 11 h. Quartiers libres (XIXe).<\/p>\n<p>Le quartier, elle le conna\u00eet depuis longtemps. Elle est n\u00e9e \u00e0 Montrouge, a v\u00e9cu pr\u00e8s de la gare de Lyon, mais elle arpente Belleville depuis cinquante ans. Il y a vingt ans, elle s&rsquo;y est install\u00e9e, dans un immeuble moderne. Sur son bureau, ce matin, tra\u00eenent les vestiges du prochain num\u00e9ro du journal dont elle s&rsquo;occupe. On lit dans\u00a0<em>Quartiers libres<\/em>\u00a0les m\u00e9moires d&rsquo;un \u00e9picier de la Villette n\u00e9 en 1862 exhum\u00e9es des archives d&rsquo;un ami, des promenades dans un XIXe m\u00e9connu, mais aussi des articles consacr\u00e9s \u00e0 la chasse aux sans-papiers ou \u00e0 des initiatives associatives de l&rsquo;est parisien. Sans arr\u00eat, le t\u00e9l\u00e9phone sonne. Au bout du fil, on prend des nouvelles d&rsquo;elle, et du magazine.\u00a0<em>\u00abLe canard sort demain, apr\u00e8s je fais la livraison.\u00bb<\/em>\u00a0Antoinette Ang\u00e9nieux est n\u00e9e en 1925. Apr\u00e8s la guerre, elle est embauch\u00e9e dans une imprimerie, cit\u00e9 d&rsquo;Angoul\u00eame, dans le XIe.\u00a0<em>\u00abA M\u00e9nilmontant, il y avait un gars qui avait deux salari\u00e9s, mais quand il y avait une commande, il faisait travailler toutes les concierges du quartier, et il nous livrait toujours \u00e0 temps.\u00bb<\/em>\u00a0Elle qui aime les bistrots parisiens a toujours ador\u00e9 ce quartier. A l&rsquo;\u00e9poque, on y trouvait des ateliers, des tailleurs d&rsquo;Europe centrale, des caf\u00e9s arabes.\u00a0<em>\u00abOn connaissait tout le monde. Aujourd&rsquo;hui les gens s&rsquo;enferment de plus en plus.\u00bb<\/em>\u00a0Son association Quartiers Libres refuse ce d\u00e9litement. Antoinette envoie une lettre bourr\u00e9e d&rsquo;informations sur la vie associative du quartier \u00e0 plus d&rsquo;un millier de personnes, une fois par mois.\u00a0<em>Quartiers libres\u00a0<\/em>est vendu (surtout en librairie) dans les XIXe et XXearrondissements.<\/p>\n<p><strong>\u00abIl n&rsquo;y a pas d&rsquo;obligation, c&rsquo;est juste du civisme\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Vendredi 14 h. Association Socrate (Xe).<\/p>\n<p>Il fait le tour des classes. En fait, il va chercher les lyc\u00e9ens l\u00e0 o\u00f9 ils se trouvent. Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est dans une terminale du lyc\u00e9e Colbert (Xe). Jean Pecqueur-Pautard pr\u00e9sente Socrate (pas le philosophe), l&rsquo;association (Soutenir, organiser, cr\u00e9er des relais d&rsquo;apprentissage, tous ensemble), qu&rsquo;il a fond\u00e9e en 2001. Il recrute des lyc\u00e9ens pour faire du soutien scolaire aupr\u00e8s d&rsquo;un enfant ou d&rsquo;un coll\u00e9gien d&rsquo;un quartier d\u00e9favoris\u00e9.\u00a0<em>\u00abPourquoi des lyc\u00e9ens ? Parce que vous n&rsquo;\u00eates pas tout \u00e0 fait des adultes, et que ces enfants sont souvent en rupture avec les adultes. Soit ils foutent tout en l&rsquo;air dans la classe, soit ils se referment. Vous, vous pouvez les d\u00e9bloquer.\u00bb<\/em>\u00a0Dans la salle de cours, les \u00e9l\u00e8ves l&rsquo;\u00e9coutent sans broncher. On a du mal \u00e0 voir s&rsquo;ils sont convaincus.\u00a0<em>\u00abIl n&rsquo;y a pas d&rsquo;obligation, c&rsquo;est juste du civisme, de la solidarit\u00e9. Mais si vous vous engagez pour une heure par semaine, on vous demande d&rsquo;\u00eatre l\u00e0.\u00bb<\/em>\u00a0Lana (terminale ES \u00e0 Colbert) a \u00e9t\u00e9 la tutrice d&rsquo;un petit gar\u00e7on de 9 ans toute l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re.\u00a0<em>\u00abC&rsquo;est important d&rsquo;\u00eatre l\u00e0 pour eux. Et puis, au bout d&rsquo;un moment, on se rend compte que l&rsquo;enfant nous attend.\u00bb<\/em>\u00a0Anne-Maud a elle aussi parrain\u00e9 une enfant de la m\u00eame \u00e9cole primaire.\u00a0<em>\u00abElle \u00e9tait tr\u00e8s timide au d\u00e9but,<\/em>\u00a0explique-t-elle.\u00a0<em>Elle me disait qu&rsquo;elle avait compris, mais c&rsquo;\u00e9tait pas vrai, elle avait honte. Puis la confiance est venue et elle osait me dire : \u00ab\u00a0\u00e7a, je n&rsquo;y arrive pas&nbsp;&raquo;.\u00bb<\/em>\u00a0Toutes les deux recommenceront le soutien cette ann\u00e9e. La proviseure de Colbert, l&rsquo;un des 40 \u00e9tablissements partenaires (l&rsquo;an dernier), voit d&rsquo;un tr\u00e8s bon oeil cette<em>\u00abresponsabilisation des \u00e9l\u00e8ves\u00bb<\/em>. En 2006, 60 se sont port\u00e9s volontaires sur 600. En tout, Socrate compte sur 400 lyc\u00e9ens volontaires (dont une majorit\u00e9 de filles).<\/p>\n<p><strong>\u00abLa merde chez les autres, pas chez vous\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Lundi 11 h. Association des commer\u00e7ants et riverains de Ch\u00e2teau-Rouge (XVIIIe).<\/p>\n<p>Il sort des archives photos, des coupures de presse, des lettres officielles. Un dossier \u00e0 charge, mont\u00e9 patiemment depuis des ann\u00e9es. L\u00e0, c&rsquo;est une collection de photographies prises \u00e0 la sauvette : on voit des trafics (clopes, drogue, contrefa\u00e7ons&#8230;).\u00a0<em>\u00abCes photos ont \u00e9t\u00e9 faites depuis les balcons de certains adh\u00e9rents. Dans la rue, c&rsquo;est impossible.\u00bb<\/em>\u00a0Tout est bon pour d\u00e9montrer aux pouvoirs publics et \u00e0 la mairie qu&rsquo;il faut nettoyer Ch\u00e2teau-Rouge. Daho Bouabsa-Souli\u00e9, un ancien militaire \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;Association des commer\u00e7ants et riverains de Ch\u00e2teau-Rouge, cr\u00e9e il y a trente-sept ans, est l&rsquo;homme de ce combat. Contre la\u00a0<em>\u00abpromiscuit\u00e9\u00bb<\/em>, le \u00ab<em>manque d&rsquo;hygi\u00e8ne et de tranquillit\u00e9\u00bb<\/em>. Il veut\u00a0<em>\u00abd\u00e9localiser le march\u00e9 exotique\u00bb<\/em>. C&rsquo;est-\u00e0-dire d\u00e9loger les commer\u00e7ants africains et, du m\u00eame coup, leurs clients, qui ont\u00a0<em>\u00abenvahi\u00bb<\/em>\u00a0les trottoirs, et se d\u00e9barrasser de leurs fourgonnettes pleines de marchandises immobilis\u00e9es sur les places de stationnement.\u00a0<em>\u00abIl n&rsquo;y a plus de commerces de proximit\u00e9 europ\u00e9ens, ici<\/em>, d\u00e9plore-t-il.\u00a0<em>Le dernier caf\u00e9 n&rsquo;a pas trouv\u00e9 repreneur : il a d\u00fb vendre \u00e0 des Asiatiques.\u00bb\u00abEt ne me faites pas passer pour un raciste\u00bb<\/em>, pr\u00e9vient-il, en insistant sur ses origines alg\u00e9riennes. Il ajoute:\u00a0<em>\u00abOn pense aussi au bien-\u00eatre de ceux qui viennent faire leurs achats.\u00bb<\/em>\u00a0L&rsquo;association s&rsquo;est \u00e9galement battue contre l&rsquo;installation de structures pour les toxicomanes dans le quartier.\u00a0<em>\u00abQuand on accueille les drogu\u00e9s, on accueille les dealers.\u00bb<\/em>\u00a0Un parfait exemple du\u00a0<em>Nimby (not in my backyard)\u00a0<\/em>? Ou dit autrement :\u00a0<em>\u00abVous voulez la merde chez les autres, pas chez vous\u00bb,<\/em>\u00a0comme lui aurait balanc\u00e9 un ancien maire du XVIIIe. Daho Bouabsa-Souli\u00e9 balaye tout :\u00a0<em>\u00abLa mixit\u00e9 n&rsquo;est valable que dans certaines conditions. Ceux qui habitent ici trouvent que ce n&rsquo;est pas viable.\u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong>\u00abUn concours, vous savez ce que c&rsquo;est ?\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Samedi 14h30. Club international des jeunes \u00e0 Paris (IIe).<\/p>\n<p>Anne est allemande, St\u00e9phan belge, Alexis b\u00e9ninois, Agnieszka polonaise. Ils se font la bise, un peu emprunt\u00e9s, se rafra\u00eechissent la m\u00e9moire (<em>\u00abOn s&rsquo;est vus \u00e0 la derni\u00e8re excursion\u00bb<\/em>) ou se demandent d&rsquo;o\u00f9 ils viennent quand ils ne se connaissent pas. Ce samedi, ils se retrouvent pour une visite du quartier de l&rsquo;Op\u00e9ra. Marie-Gabrielle, \u00e9tudiante en tourisme et histoire de l&rsquo;art, fait la visite. Elle prend soin de bien se faire comprendre de ces \u00e9tudiants souvent fra\u00eechement d\u00e9barqu\u00e9s \u00e0 Paris. Quitte \u00e0 hacher sa petite le\u00e7on :\u00a0<em>\u00abEclectisme, vous comprenez ?\u00bb<\/em>,\u00a0<em>\u00abUn concours, vous savez ce que c&rsquo;est ?\u00bb \u00abLa premi\u00e8re semaine \u00e0 Paris a \u00e9t\u00e9 horrible\u00bb<\/em>, confie Anne, qui vient d&rsquo;arriver pour une licence de lettres et d&rsquo;allemand. Originaire de Bonn, elle esp\u00e8re voir ici d&rsquo;autres \u00e9tudiants, car elle a\u00a0<em>\u00abdu mal \u00e0 rencontrer des Fran\u00e7ais\u00bb<\/em>. Roald, \u00e9tudiant n\u00e9erlandais en lettres classiques, veut lui aussi se faire des connaissances. Dans sa r\u00e9sidence universitaire du XVIIIe, il ne rencontre pas grand monde. Et son colocataire, chinois, ne parle pas fran\u00e7ais. Il y a dix ans, Alaa Homsi, est arriv\u00e9 de Syrie pour des \u00e9tudes de cin\u00e9ma. Il ne connaissait personne, et rien n&rsquo;existait pour rompre l&rsquo;isolement des \u00e9tudiants \u00e9trangers ou provinciaux. Il a fond\u00e9 le club il y a cinq ans. 2 000 \u00e9tudiants y passent chaque ann\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>\u00abUn logement pour tous\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Mardi 9 heures. Collectif logement Paris XIVe.<\/p>\n<p>Une femme et un homme, log\u00e9s dans des h\u00f4tels de fortune, viennent trouver conseils et r\u00e9confort chaque mardi matin aupr\u00e8s du Collectif logement Paris XIVe. La permanence ? L&rsquo;association la tient dehors. Au milieu des banderoles\u00a0<em>\u00abUn logement pour tous\u00bb<\/em>, d&rsquo;un thermos de caf\u00e9 et des cigarettes russes distribu\u00e9es \u00e0 la r\u00e9galade. Le Collectif s&rsquo;est cr\u00e9\u00e9 il y a deux ans, \u00e0 la suite de l&rsquo;expulsion de squatteurs de la rue de la Tombe-Issoire. Moins m\u00e9diatique que le DAL (Droit au logement), plus proche des habitants de son arrondissement.\u00a0<em>\u00abEn cr\u00e9ant l&rsquo;association, on a d\u00e9couvert l&rsquo;ampleur du probl\u00e8me\u00bb<\/em>, dit un adh\u00e9rent. Il y a 4 600 demandeurs de logement dans le XIVe. Leur action a des allures, disent-ils, de\u00a0<em>\u00abtonneau des Dana\u00efdes\u00bb<\/em>. Mais ils ont aussi le sentiment d&rsquo;\u00eatre plus proches des gens, dans une structure \u00e0 taille humaine (un noyau dur d&rsquo;une dizaine de personnes). Aujourd&rsquo;hui, le Collectif suit plus d&rsquo;une centaine de familles.<\/p>\n<p><strong>\u00abOn n&rsquo;est clairement pas du c\u00f4t\u00e9 des Versaillais\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Samedi 15 h. Association des amis de la Commune (XIIIe).<\/p>\n<p>Riton-la-manivelle est \u00e0 la manoeuvre. Sur sc\u00e8ne, sa voix porte. Il est question de Jules Vall\u00e8s, qui a fait une\u00a0<em>\u00abcarri\u00e8re de plumitif\u00bb<\/em>\u00a0et qui trouvait\u00a0<em>\u00ables ouvriers plus boh\u00e8mes et sympas que les bourgeois\u00bb<\/em>. Le 125e anniversaire de l&rsquo;Association des amis de la Commune est un dr\u00f4le de truc. Il y a des gens avec des foulards rouges, des tee-shirts sigl\u00e9s\u00a0<em>\u00abAmis de la Commune\u00bb<\/em>, des livres \u00e0 la vente qui parlent des h\u00e9ros&#8230; de la Commune. Louise Michel, Jules Guesde, tous les autres.\u00a0<em>\u00abOn est clairement du c\u00f4t\u00e9 des communards et pas des Versaillais\u00bb,<\/em>\u00a0dit Jean Louis Robert, historien, mais pas de la Commune.\u00a0<em>\u00abCe n&rsquo;est pas une association bobo, mais populaire\u00bb<\/em>, tranche-t-il. Il trouve que cette p\u00e9riode est m\u00e9connue, qu&rsquo;elle a suscit\u00e9 de l&rsquo;hostilit\u00e9, qu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9\u00a0<em>\u00abcaricatur\u00e9e\u00bb<\/em>\u00a0par ses adversaires. Mais qu&rsquo;elle provoque un regain de curiosit\u00e9 chez les Parisiens. A ce propos, il note un l\u00e9ger mieux. La mairie a m\u00eame fait \u00e9diter une plaque d&rsquo;histoire de la Commune \u00e0 l&rsquo;attention des professeurs. Et \u00e7a se bouscule au portillon pour les visites du Paris communard, r\u00e9serv\u00e9es aux membres de l&rsquo;association (1 800 au total). Tour de la capitale en bus, visite des lieux les plus embl\u00e9matiques : de l&rsquo;h\u00f4tel de ville \u00e0 Montmartre en passant par le mur des F\u00e9d\u00e9r\u00e9s. C&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 complet. \u00e7a a lieu le 11 novembre. C&rsquo;est la date de l&rsquo;armistice. Rien \u00e0 voir avec la Commune.<\/p>\n<p><strong>\u00abCe n&rsquo;est pas une association communautaire\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Dimanche 14h30. Acort (Xe).<\/p>\n<p>Solmaz, Pir-Ahmet, Erdener, Cengiz et leur groupe R\u00fczgar (\u00abLe vent\u00bb) grattent la guitare et le\u00a0<em>saz,<\/em>\u00a0un genre de cithare, et chantent. L\u00e0, c&rsquo;est une histoire d&rsquo;amour, \u00e9crite apr\u00e8s une gr\u00e8ve de la faim de prisonniers politiques en Turquie. Ils sont tous kurdes, ont entre 25 et 30 ans, travaillent dans l&rsquo;enseignement, le b\u00e2timent, l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9. Cela fait trois ans qu&rsquo;ils font partie d&rsquo;Acort.\u00a0<em>\u00abNous ne sommes pas une association communautaire\u00bb<\/em>, pr\u00e9vient Umit Metin, le pr\u00e9sident. Acort est ouverte \u00e0 tous. Pr\u00f4ne la la\u00efcit\u00e9. Voudrait \u00e9viter que les probl\u00e8mes turcs (par exemple entre Turcs et Kurdes) ne se reproduisent \u00e0 l&rsquo;identique ici. On y voit des Turcs, mais aussi des Chinois et des Tha\u00eflandais venir corriger leur fran\u00e7ais. On y croise toutes les nationalit\u00e9s \u00e0 la recherche d&rsquo;un conseil pour des papiers administratifs, la retraite. A l&rsquo;origine, l&rsquo;association a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e pour que les\u00a0<em>\u00aboriginaires de Turquie\u00bb<\/em>\u00a0deviennent citoyens. Du moins soient pouss\u00e9s \u00e0 le devenir. Umit est persuad\u00e9 que les Turcs en France doivent s&rsquo;ouvrir sur la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise, y participent activement, et ne restent pas entre eux. Pour ce faire, il les pousse \u00e0 int\u00e9grer les structures associatives fran\u00e7aises, celles des parents d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves, voire les partis politiques.<\/p>\n<p><strong>\u00abUne alternative au monde marchand\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Vendredi 13 h. La R\u00f4tisserie (Xe).<\/p>\n<p>C&rsquo;est d&rsquo;abord un projet\u00a0<em>\u00abbizarre\u00bb<\/em>. Hors norme et exemplaire. Des gens frappent \u00e0 la porte pour se faire expliquer comment \u00e7a marche, pour reproduire l&rsquo;id\u00e9e chez eux. Du club de pr\u00e9vention \u00e0 l&rsquo;\u00e9quipe de foot de quartier, on ne compte plus tous ceux qui sont pass\u00e9s ici. Dans ce lieu autog\u00e9r\u00e9, on aime partager, r\u00e9fl\u00e9chir sur les projets des autres, les faire \u00e9voluer. La R\u00f4tisserie, c&rsquo;est un restaurant associatif. Avec des bancs sur lesquels se serrer, et des tabourets fixes, embryon de d\u00e9co recherch\u00e9e. Le local est minuscule. Dans ce qu&rsquo;on mange, il y a de l&rsquo;<em>\u00ab\u00e9thique culinaire\u00bb<\/em>. Jamais de surgel\u00e9. Que du frais. Au menu ce midi, des crevettes dans une sauce \u00e9pic\u00e9e avec du riz. On s&rsquo;assied o\u00f9 il y a une place. Cela ne co\u00fbte pas grand-chose (cinq euros le plat du jour).\u00a0<em>\u00abUne alternative au monde marchand\u00bb<\/em>, dit le site de l&rsquo;association. Le principe du lieu : permettre \u00e0 d&rsquo;autres (associations) de venir faire la cuisine e,t avec l&rsquo;argent ainsi d\u00e9gag\u00e9, financer les projets. Les visiteurs de la veille ont laiss\u00e9 un joyeux fatras : trop de bruit, la vaisselle sale, une flaque d&rsquo;eau dans la cuisine. Ils se font gentiment rabrouer. La R\u00f4tisserie ne compte que sur ses propres forces (aucune subvention). Mais ses forces risquent de bient\u00f4t lui manquer. Une proc\u00e9dure d&rsquo;expulsion plane. L&rsquo;agent immobilier qui louait le local a voulu tripler le loyer, puis l&rsquo;a rachet\u00e9, et il veut faire d\u00e9camper les \u00abr\u00f4tisseurs\u00bb. Prochaine \u00e9ch\u00e9ance en novembre. L&rsquo;association fourbit ses armes et compte sur son r\u00e9seau pour mobiliser. Le 10 novembre, elle organise une marche jusqu&rsquo;\u00e0 la porte de l&rsquo;agent immobilier qui veut r\u00e9cup\u00e9rer son bien.<\/p>\n<p><strong>ARNAUD Didier ROTMAN Charlotte<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.liberation.fr\/villes\/2007\/10\/20\/du-liant-dans-l-assoc-_104252\" target=\"_blank\">http:\/\/www.liberation.fr\/villes\/2007\/10\/20\/du-liant-dans-l-assoc-_104252<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Du liant dans l&rsquo;assoc&rsquo; DIDIER ARNAUD ET CHARLOTTE ROTMAN Lib\u00e9ration du 20 OCTOBRE 2007<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[13],"tags":[],"class_list":["post-391","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-presse"],"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/phpk4M-6j","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.acort.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/391","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.acort.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.acort.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.acort.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.acort.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=391"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.acort.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/391\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1106,"href":"https:\/\/www.acort.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/391\/revisions\/1106"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.acort.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=391"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.acort.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=391"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.acort.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=391"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}